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Grossesse végane : mon expérience

Grossesse végane : mon expérience

Pour ceux qui me subissent sur Instagram et qui ont vu une petite créature envahir mes stories, vous le savez, j’ai accouché d’une petite fille le 27 juin. Maintenant que cette aventure est terminée, je voulais vous faire un retour sur cette expérience car je sais que la question du véganisme durant la grossesse peut être délicate à aborder pour certaines personnes…

Pré-conception

Lucie est un bébé programmé, le désir d’enfant partagé était installé depuis quelques temps avant de commencer les essais et il a fallu encore du temps avant que nous tombions enceints. Autant vous dire que j’ai eu largement le temps de me renseigner sur la grossesse en tant que végane… Mes recherches ont commencé par les blogs, celui de Maman Végane notamment qui est une vraie mine d’or sur les sujets de la grossesse et de la parentalité végane puis j’ai acheté le livre « Bébé Veggie » d’Ophélie Véron qui contient toute une partie consacrée à la supplémentation pendant la grossesse.

À titre personnel, je voulais être informée le plus possible sur ce qu’impliquait une grossesse végane afin d’être la plus sereine possible et de ne pas me laisser déstabiliser par des soignants potentiellement alarmistes ou réfractaires à mon engagement éthique et écologique. C’est pour cela que j’ai également assisté à une table ronde sur l’alimentation des bébés véganes avec le Dr Jérôme Bernard Pellet, médecin nutritionniste, organisée par Merci Bernard lors de la Fête des Bonbons ! Cette table ronde a été l’occasion de questions réponses autour de l’alimentation végane des enfants mais également de la grossesse végane, je suis repartie avec les informations suivantes :

  • Comme toute personne enceinte, une supplémentation est nécessaire.
  • Idéalement, il faut commencer la supplémentation 3 mois avant conception.
  • La vitamine B12 doit être prise au quotidien et non, comme on peut le faire d’ordinaire, avec une prise par semaine dès le deuxième trimestre.
  • Idéalement, il faut se supplémenter en oméga 3 à chaines longues (DHA) qui est un véritable carburant cérébral.
  • Idéalement, il faut se supplémenter en iode (sur le sujet, je vous conseille d’ailleurs le documentaire « Demain, tous crétins ».)
  • Il est important de s’assurer que vous n’êtes pas carencés en vitamine D car elle aide à fixer le calcium et cette association aiderait à réduire les risques de faibles poids, tailles et périmètres crâniens.
  • Il ne faut pas hésiter à faire des prises de sang régulières pour vérifier si tout va bien pour vous et votre petit fœtus !

 

Le Dr Jérôme Bernard Pellet m’a ensuite donné la liste des compléments qui, selon lui, étaient les meilleurs pendant la grossesse. Ce sont ceux que j’ai commencé à prendre dès lors et qui m’ont suivis tout du long de cette aventure :

  • Pour les vitamines prénatales : Deva Vegan Prenatals est un complément parfaitement adapté pour la grossesse végane, elle contient les essentiels comme les acides foliques (la fameuse vitamine B9), la B12 mais également du fer, du calcium, de l’iode, du magnésium et tant d’autres minéraux essentiels ! Le seul inconvénient, contrairement aux deux autres compléments, je ne l’ai trouvée dans aucune boutique physique et il faut donc se la faire expédier via internet.
  • DHA : Opti3 , pendant la grossesse il faut prendre deux capsules par jour, pour vous c’est un excellent moyen de protéger votre muscle cardiovasculaire et pour la petite créature qui grandit en vous c’est parfait pour booster les neurones !
  • Vitamine D : Vitashine 1000, que je prends en spray ou sinon si vous avez la chance de vivre dans un endroit ensoleillé : sortez et exposez vous au soleil !

 

J’ai commencé à prendre ces compléments bien avant la conception de ma fille, c’est plutôt une bonne chose et je vais vous expliquer pourquoi !

Le premier trimestre de grossesse 

Début octobre, nous apprenons que nous attendons un enfant et sommes aux anges. Je continue ma supplémentation et vais faire une première prise de sang pour m’assurer que mon corps dispose bien des réserves nécessaires pour mener cette grossesse tranquillement. Verdict : mes analyses sont parfaites, je suis dans la limite basse pour la ferritine et je décide donc de me gaver de légumineuses… enfin quasi exclusivement de hummus pour ne pas vous mentir ! Je pense que j’ai fait le chiffre d’affaire du libanais en bas de mon bureau pendant quelques semaines pour ne rien vous cacher !

Et puis, à partir de la neuvième semaine, c’est le drame : reflux gastrique, nausées, dégoût des odeurs de nourritures et vomissements incontrôlables ! Vous voyez dans les films quand on voit une femme courir aux toilettes pour vomir et réaliser qu’elle est enceinte ? Et bien pareil mais 8 à 10 fois par jour pendant un bon mois et demi. (Qui croyait aussi que ça n’arrivait qu’une fois et juste le matin ?) Concrètement, je ne pouvais manger que des gressins et du riz blanc… j’ai été arrêtée pendant trois semaines complètes et mise au repos. Le problème c’est qu’il y a quelque chose qui me faisait automatiquement vomir, je vous le donne dans le mille : mes vitamines prénatales ! Je ne vous le cache pas, j’en ai testé d’autres, qui ont sûrement été testées sur des animaux… même résultat. Pendant deux mois, j’étais dans l’incapacité totale de garder ces vitamines et bien sûr très inquiète pour mon futur enfant. Après en avoir parlé avec plusieurs soignants, pendant le premier trimestre ce n’était pas très grave, car je n’étais pas carencée, et qu’à cette période le fœtus puise dans nos stocks : d’où l’importance de se complémenter en amont de la grossesse.

Le premier trimestre, c’est aussi le moment où l’on rencontre les soignants qui vont nous accompagner tout ou partie de cette expérience assez folle. J’ai fait le choix d’informer chacun d’entre eux de mon mode de vie et donc de mon régime alimentaire particulier. J’étais prête à en découdre et à montrer que c’était un choix éclairé que de le poursuivre pendant la grossesse. En fait, tout le monde s’en foutait complètement ! Je n’ai eu aucune réaction, aucune recommandation, les soignants ont considéré que je savais ce que je faisais et je n’ai pas été pointée du doigt, infantilisée ou culpabilisée à aucun moment.

Et le reste de la grossesse ?

Mes soucis de grossesse ont continué encore quelques temps mais j’ai fini par pouvoir reprendre mes compléments et j’ai filé faire une prise de sang pour vérifier que je n’étais pas trop carencée. Verdict : encore une fois des analyses parfaites, ma ferritine était même remontée en flèche (merci le hummus !). Rien à signaler !

Au deuxième trimestre, nous avons pu à nouveau voir notre fille lors de l’échographie dite morphologique. C’est l’occasion de vérifier que tous les organes vitaux sont en bonne voie pour être fonctionnels et d’écarter certaines maladies génétiques. Tout allait bien pour la bestiole et oh, surprise, la créature est très grande et bien dodue par rapport au terme ! Après avoir souvent entendu que les enfants de végétariens sont plus petits que la moyenne… c’est étonnant, non ? 😀 Au troisième trimestre, une taille et un poids important se sont vus confirmés, un futur enfant toujours en parfaite santé et des analyses toujours parfaites !

D’un point de vue alimentation, je n’ai aucune leçon à vous donner : je n’ai pas mangé parfaitement du tout. Je mange des nuggets végans industriels et autres joyeusetés plusieurs fois par semaine, j’ai descendu des glaces véganes Picard et Ben&Jerry’s comme si ma vie en dépendait et j’étais bien trop occupée entre le travail et les milliards de rendez-vous médicaux pour faire à manger de bons petits plats sains. J’ai eu de la chance, je n’ai pas de diabète de grossesse et mon métabolisme a toléré mon alimentation de végane pas healthy.

Et le bébé ?

Le 27 juin, j’ai accouché d’une petite Lucie de 53,5cm et 3730gr . Si vous ne vous y connaissez pas en bébé pour résumer : c’est un beau morceau ! Elle fait partie des 2% des bébés les plus grands, des 12% les plus lourds et elle a même des cheveux !  A l’examen clinique, elle est hypertonique, éveillée et avec tout ce qu’il faut pour un bébé de son âge : nous avons fait une préparation à la naissance en haptonomie et elle semble en avoir bien profité. Vous le sentez tout l’orgueil mal placé du jeune parent ?!  Bref, à priori, dans le cas d’une grossesse sans soucis de santé antérieur et avec une supplémentation adaptée: une grossesse végane peut faire de gros bébés en bonne santé autant qu’une grossesse non-végane.

Je ne vous parlerai pas du post-partum, je n’en suis pas encore sortie, la seule chose à savoir c’est qu’idéalement il faut continuer la supplémentation encore trois mois après la grossesse si vous n’allaitez pas ou pendant toute la durée de l’allaitement si c’est le cas !

Je retourne à mes couches et mes biberons, si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter via les commentaires ou encore la messagerie Instagram !

 

 

 

 

 

 


  1. Julie

    18 July

    Bravo pour cet article
    Moi mon fer n’a pas tenu les 6 premiers mois de grossesse
    Donc maintenant j’alerte tout le monde
    Et comme tu le dis => faites des analyses de sang !
    Ce témoignage est en tout cas rassurant
    Hâte de lire la suite

    • The Green Chic(k)

      19 July

      Je ferai un article sur l’alimentation de Lucie quand on aura un peu de recul mais pour l’instant le Prémiriz lui profite bien !

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