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Entreprendre#1 : Céline et Amandine, fondatrices d...

Entreprendre#1 : Céline et Amandine, fondatrices d’Hylla Penderie.

Dans cette nouvelle rubrique, je vous présente des entrepreneurs responsables et leurs projets ! A tout juste 21 ans, Céline et Amandine se sont lancées dans l’aventure de l’entrepreunariat avec un projet mode et écologique. Nous nous sommes rencontrées et avons parlé de leurs parcours et de leur projet de penderie partagée.

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Est-ce que l’entrepreneuriat était une évidence pour vous ?

Céline : Créer une entreprise ne faisait pas du tout partie de mes projets. Il y a deux ans encore, je souhaitais devenir interprète. C’est lorsque j’ai découvert le concept de location de vêtements en Allemagne, il y a un an et demi que l’idée a germé !

Amandine : J’ai débuté mon parcours de manière assez classique par une formation en école de commerce. On nous prédestine à travailler dans des grosses boîtes et à faire de la négociation, du marketing ou de la communication. Puis lors d’un stage chez Bluellow, j’ai été en contact avec l’entrepreneuriat social à la Ruche. C’est également à ce moment là que j’ai choisi de me spécialiser dans le développement durable et que je suis partie faire un stage en Allemagne dans le cadre de ma licence en “Management international appliquée au développement durable”.

Quelle est la genèse du projet Hylla ?

Amandine : Notre rencontre est un hasard. Nous étions toutes deux stagiaires de la même société en Allemagne. N’étant pas dans le même service, nos échanges se limitaient à un ajout sur Linkedin. Dans le cadre de mes études, j’y ai publié un article sur l’économie du partage et le concept de location de vêtements Kleiderei et Céline m’a tout de suite contactée puisqu’elle écrivait alors son mémoire sur la location de vêtements.

Céline : On est allées prendre un café, on s’est baladées et je lui ai expliqué dans quel contexte j’écrivais ce mémoire et que depuis quelques semaines, je pensais importer et tester ce concept en France. Au début, je pensais à la forme associative mais très vite j’ai entendu parler du statut étudiant-entrepreneur ! J’ai postulé avec comme projet une entreprise de location de vêtements et j’ai obtenu ce statut en août 2015.

Amandine : Et j’ai par la suite également fait la même demande sur le même projet et je suis devenue étudiante-entrepreneure en octobre 2015.

Qu’est-ce que le statut étudiant entrepreneur ?

Céline : C’est un statut national, crée par l’Etat en 2014 qu’on obtient grâce à des Pépites. Il y en a 29 en France et nous sommes à celui de Paris Ouest-Nord qui est rattaché aux universités de Paris-Ouest, Paris 8 ainsi que d’autres écoles de commerce et d’ingénieurs du secteur. Elles se regroupent et attribuent un budget entrepreneuriat, promeuvent et soutiennent les étudiants-entrepreneurs en leur attribuant des tuteurs, des espaces de travail s’ils le souhaitent et en leur donnant accès à une formation via des séminaires de courte durée. Quand nous n’avons pas de rendez-vous, nous travaillons dans un incubateur à la Défense au Pole Universitaire Léonard de Vinci mis à disposition gratuitement. Nous avons deux tutrices bénévoles, une tutrice académique et une autre praticienne.

Dans notre Pépite, il y a 8 projets en incubateur. C’est stimulant de travailler dans le même espace que d’autres jeunes entrepreneurs, ça nous donne l’occasion d’échanger sur nos challenges du moments, nos bons plans et nos inquiétudes. Malgré des projets dans des secteurs variés, nous rencontrons tous les mêmes difficultés les mêmes défis.

Comment avez-vous débuté le projet Hylla ?

Amandine : Au début, nous avions un positionnement différent : location de vêtements de créateurs éthiques. Nous avons commencé par une étude de marché avec un questionnaire en ligne pour lequel nous avons eu 600 réponses ! Cette idée de location de vêtements de créateur on la garde quand même en tête mais aujourd’hui, nous nous sommes positionnées sur du seconde main et de la réutilisation. Nous avons contacté les concepts similaires à l’étranger qui ont eux commencé par une forme associative et de la location de seconde main. Nous avons développé notre business model, cherché notre nom, développé notre stratégie de communication.

Céline : Au départ, nous avons choisi de se développer de manière très classique en commençant par des études, de la recherche, du benchmarking et un business plan. Nous nous sommes très vite rendues compte qu’il fallait qu’on se confronte directement au marché et mettre toute cette théorie rapidement en pratique, quitte à adapter peu à peu notre stratégie.  C’est également en ça que le statut étudiant-entrepreneur nous a aidé. On a eu des retours de profs entrepreneurs nous encourageant à lancer une version test. C’est ainsi que nous avons décidé de tester notre concept à travers des événements mensuels en proposant nos propres vêtements, et ceux chinés, à la location à l’unité.

C’est là qu’à vraiment débuté notre période de test à la Recyclerie pour pouvoir éprouver l’idée. Notre business model va sûrement encore évoluer un peu mais ça nous a vraiment permis d’être concrètes ! On a pris le parti de lancer une version un peu éloignée de notre business model final avec de la location de vêtement à l’unité pour un mois (l’événement suivant). C’est plus authentique et c’est aussi l’avantage d’avoir 22 ans ! On y va au culot, c’est une étude de marché concrète ! On a des retours sur notre image, notre sélection de vêtements…

Amandine : Pour la communication, on s’est vraiment inspirées des modèles étrangers : on voulait créer un mouvement et une communauté avec tout ce que ça implique de storytelling. On incarne notre marque et notre concept. On veut pas avoir un ton accusateur en parlant du « consommer autrement » mais plutôt un esprit fun, jeune et moderne. Quelque chose qui corresponde à notre age et notre état d’esprit.

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Comment trouvez-vous les pièces et fixez-vous les prix ?

Céline : On écume les ventes au kilo, les vide-dressings et les friperies, … On reprend les vêtements s’ils sont en parfait état. Le vintage et la seconde main nous permettent de rester sur des petits prix. Nous proposons 15 euros maximum pour la location. Comme c’est de la location, on veut pas proposer des basiques mais plutôt des pièces coups de cœur ! En fonction des retours des clientes, on va adapter et élargir notre offre.

Amandine : Au début, on a vraiment fixé au type de pièce. On s’est vite rendue compte qu’il fallait fixer les pièces au prix de l’entretien !

Céline : A terme, nous voulons vraiment lancer un système d’abonnement modulable avec un nombre de « points location » selon l’abonnement. Notre but est vraiment de permettre à nos clientes d’avoir une garde-robe illimitée !

Est-ce que ce projet a changé votre regard sur certaines choses ?

Céline : Mon rapport à la mode a totalement changé. C’est une torture pour moi désormais d’aller faire du shopping dans un centre commercial.

Amandine : J’étais une vraie fashion-addict ! J’essaie de montrer à mes proches que je peux très bien vivre avec ces choix de réduire mon impact écologique, mon gaspillage vestimentaire et avoir du style ! Et que s’ils le voulaient, ils pourraient eux aussi.

Céline : On rencontre aussi de plus en plus de jeunes qui entreprennent. Les gens se détachent du parcours classique : fac, grandes écoles, salariat, grandes boîte. J’ai plein d’amis qui veulent travailler dans des boîtes du CAC40 pour le mettre sur leur CV. Moi, je m’en fous du CV !

Amandine : Et puis on touche à tout, quoi qu’il arrive on pourra le valoriser ! C’est énormément d’expérience.

Céline : Même si on arrive pas à en vivre, ça nous aura beaucoup apporté ! On aura constitué un véritable réseau. Et en un an, j’aurai appris beaucoup plus qu’en 3 ans de fac. Dès qu’on apprend quelque chose, on l’applique !

Quelle est la suite pour Hylla ?

Céline et Amandine : Aujourd’hui, il est temps pour nous de se rapprocher de notre objectif final (notre saint graal ! ) : une penderie partagée à Paris. La première étape passe par une plateforme web totalement adaptée à un concept de location par abonnement mensuel avec un système de “points location”. Grâce à 35€/mois, la cliente a accès à 200 points à utiliser sur la boutique pour organiser sa penderie au gré de ses envies, recevoir ses emprunts et les renvoyer quand elle souhaite utiliser de nouveau ses 200 points.

Pour le financement de cette plateforme, nous lançons aujourd’hui une campagne de financement participatif sur Ulule. Si vous voulez soutenir un projet mode fun et collaboratif, rendez vous sur Ulule ! Il y a des contreparties originales, des abonnements et tout notre concept en image à découvrir !


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